Ressources · Data et IA · Octobre 2026

Data et IA pour les infrastructures critiques : connecter, collecter, traiter, décider

Pour une infrastructure critique, la valeur de la data ne tient pas au volume collecté mais aux décisions qu'elle permet. La méthode d'optim.aize tient en quatre verbes : connecter les capteurs et les vecteurs, collecter leurs données dans un référentiel commun, les traiter par la data science et l'IA géospatiale, puis décider avec une information située, datée et explicable. C'est l'architecture de YAAPS, la plateforme souveraine et open source développée par optim.aize, filiale innovation du groupe jll.spear.

Par la rédaction d'optim.aize · Lecture : 7 minutes

En bref

  • Connecter : relier capteurs IoT, drones, robots, satellites et logiciels métier, avec un positionnement et une connectivité adaptés.
  • Collecter : rattacher chaque donnée à un référentiel spatial et temporel unique, en 2D, 3D et 4D.
  • Traiter : transformer la donnée en indicateur par la data science et une IA géospatiale validée par des géoscientifiques.
  • Décider : alimenter les outils de l'exploitant, GMAO, supervision, hyperviseur, sans les remplacer.
L'enjeu

Pourquoi la data des infrastructures reste sous-exploitée

Un exploitant d'aéroport, de port, de carrière ou de réseau ferré dispose aujourd'hui de plus de données qu'il n'en a jamais eu : capteurs IoT, images drone, séries satellitaires, positions GNSS, historiques de maintenance, alarmes de supervision. Pourtant, la décision reste difficile à prendre, parce que chaque outil garde sa propre vue. Le SCADA voit ses automates, la GMAO ses ordres de travail, le bureau d'études ses relevés. Personne ne voit l'ensemble.

Le point commun de toutes ces données est simple : elles se rapportent à un lieu et à un instant. Rattacher chaque donnée à une position et à une date, c'est la rendre comparable aux autres. C'est aussi la condition pour que la data science et l'intelligence artificielle produisent des résultats exploitables plutôt que des corrélations hors contexte.

La méthode d'optim.aize tient en quatre étapes, qui correspondent aux couches de la plateforme SIG souveraine YAAPS : connecter, collecter, traiter, décider.

Étape 1 · Connecter

Connecter : capteurs, vecteurs et réseaux

Avant de traiter une donnée, il faut qu'elle arrive, au bon endroit et au bon moment. Connecter, c'est relier à la plateforme toutes les sources du site, quels que soient leur constructeur et leur protocole :

  • les capteurs fixes : IoT, stations météo, capteurs de clôture, caméras ;
  • les vecteurs mobiles : drones aériens, robots roulants de patrouille, engins équipés de télématique ;
  • l'observation satellitaire : séries radar InSAR, imagerie optique ;
  • les logiciels métier : GMAO, ERP, SCADA, SIG existants.

Sur les sites où les flux sont lourds, la connectivité devient un sujet en soi. Pour la sûreté aéroportuaire, optim.aize déploie avec Orange un réseau 5G privé : grâce aux API réseau de l'opérateur, dont la Quality on Demand, la bande passante d'un drone engagé sur une alerte est garantie le temps de l'intervention. Le positionnement suit la même logique : un réseau de correction GNSS RTK donne à tous les vecteurs un référentiel de position commun, au centimètre.

Ce qu'il faut retenir

Connecter ne consiste pas à multiplier les capteurs, mais à garantir que chaque source arrive avec une position fiable, un horodatage cohérent et une bande passante adaptée à son usage.

Étape 2 · Collecter

Collecter : un référentiel spatial et temporel unique

Une fois connectées, les données doivent être réunies dans un même socle. C'est l'étape la plus sous-estimée, et pourtant celle qui conditionne toutes les autres. Dans YAAPS, le socle de données SIG rattache chaque mesure à un référentiel spatial et temporel unique : la carte en deux dimensions, le volume en trois dimensions, et le temps comme quatrième dimension.

  • un système de coordonnées commun, pour que l'image drone, le point LiDAR et la mesure du capteur se superposent exactement ;
  • un horodatage unifié, pour comparer une patrouille à la précédente ou une série InSAR à la pluviométrie ;
  • un historique complet de chaque mesure, pour rejouer un événement et entraîner des modèles ;
  • l'intérieur et l'extérieur dans la même base, des bâtiments jusqu'à l'aire de trafic.

Une donnée collectée sans contexte n'est qu'un chiffre. Rattachée à sa position et à sa date, elle devient une information que l'on peut croiser avec toutes les autres.

Étape 3 · Traiter

Traiter : data science et IA géospatiale

Le traitement transforme la donnée en indicateur. C'est le domaine de la data science : nettoyer, fusionner, modéliser, détecter. Appliquée aux infrastructures, elle a une particularité : le contexte géographique change tout. Un tassement de quelques millimètres n'a pas la même signification sur un remblai argileux après une sécheresse et sur un ouvrage fondé sur le rocher.

C'est pourquoi les modèles de YAAPS travaillent avec le contexte du site, géologie, pente, pluviométrie, usage du sol, historique des interventions, et qu'ils sont conçus et validés par les géoscientifiques d'optim.aize. Quelques exemples de traitements :

  • détection des zones en accélération dans les séries InSAR ;
  • scores de risque liés au retrait-gonflement des argiles ou aux inondations ;
  • détection et classement des défauts thermiques sur les images drone ;
  • score de criticité par section d'ouvrage ou par tronçon ;
  • anticipation des dérives pour la maintenance prédictive.

Une IA explicable, condition de la confiance

Sur une infrastructure critique, une alerte que personne ne sait expliquer finit par être ignorée. Chaque résultat produit par YAAPS reste traçable : l'exploitant sait quelles données ont conduit à l'alerte et peut vérifier sur la carte ce que le modèle a vu.

Étape 4 · Décider

Décider : alimenter les outils de décision sans les remplacer

La dernière étape justifie toutes les autres. Décider, c'est mettre la bonne information devant la bonne personne, dans l'outil qu'elle utilise déjà. YAAPS publie ses résultats sous trois formes :

Ce dernier point est essentiel. Sur un aéroport ou un site industriel, l'hyperviseur de sûreté ou le système de supervision existe déjà. YAAPS s'y raccorde comme fournisseur de donnée technique, SIG et géoréférencée : il apporte le contexte, l'outil de l'exploitant reste le lieu de la décision. Les standards ouverts, comme la famille OGC API de l'Open Geospatial Consortium, facilitent ce raccordement.

Cas d'usage

La méthode appliquée : une intrusion en bout de piste

Le scénario de surveillance périmétrique travaillé dans le cadre du projet PANDRONE AI, soutenu par France 2030, illustre les quatre étapes sur un cas concret.

Étape Ce qui se passe Apport de la donnée
Connecter De nuit, un capteur de clôture ou un robot en patrouille signale une anomalie. Un drone est missionné, guidé par le réseau RTK. Position centimétrique commune à tous les vecteurs.
Collecter Vidéo, thermique et LiDAR remontent par le réseau 5G privé, avec une bande passante garantie. Flux horodatés, rattachés au jumeau numérique.
Traiter YAAPS fusionne les flux, applique la détection et rapproche l'alerte de son contexte : zone, accès le plus proche, historique. Alerte qualifiée et située.
Décider Dans l'hyperviseur de sûreté, l'opérateur lève le doute et engage l'équipe vers la position exacte. Décision plus rapide, événement rejouable en 4D.
Souveraineté

Souveraineté des données : une condition, pas une option

Les données d'une infrastructure critique décrivent ses points faibles. Leur hébergement est donc une question de sûreté autant que d'informatique. Pour les entités essentielles et importantes visées par la directive européenne NIS2, la sécurité de la chaîne d'approvisionnement fait partie des mesures de gestion des risques exigées, et les outils qui traitent ces données en font partie.

YAAPS est une plateforme française, open source et interopérable, déployable selon trois modes : SaaS géré, cloud souverain français, ou on-premise dans le système d'information de l'exploitant, y compris sur un réseau isolé d'Internet. Pour les données sensibles hébergées dans le cloud, l'ANSSI préconise des offres qualifiées SecNumCloud. Dans tous les cas, les données restent exportables à tout moment, en formats ouverts.

Méthode

Par où commencer un projet data et IA sur une infrastructure

  1. Partir d'une décision, pas d'une technologie. Quelle décision voulez-vous mieux prendre, et à quelle fréquence ?
  2. Inventorier les données existantes. Une grande partie de l'information est souvent déjà là, dispersée entre plusieurs outils.
  3. Démontrer sur vos données. YAAPS se présente sur vos propres données en quelques jours.
  4. Piloter sur un site et un cas d'usage, avec des indicateurs de réussite définis ensemble.
  5. Étendre aux autres sites et aux autres métiers, en réutilisant le même socle.

Pas de donnée disponible ? optim.aize peut l'acquérir : InSAR satellitaire, drone, LiDAR, RTK ou capteurs. Voir notre offre d'acquisition de données terrain.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

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Qu'est-ce que la méthode « connecter, collecter, traiter, décider » ?

C'est la démarche d'optim.aize pour valoriser la data des infrastructures critiques : connecter les capteurs, vecteurs et logiciels du site, collecter leurs données dans un référentiel spatial et temporel unique, les traiter par la data science et l'IA géospatiale, puis transmettre une information située et explicable aux outils de décision de l'exploitant. Elle correspond à l'architecture de la plateforme YAAPS.

Quelle différence entre data science et IA géospatiale ?

La data science regroupe les méthodes qui transforment des données brutes en indicateurs : nettoyage, fusion, statistiques, modèles. L'IA géospatiale en est une branche qui intègre le contexte géographique, comme la géologie, la pente ou l'usage du sol, dans les modèles. Pour une infrastructure, ce contexte détermine souvent si une mesure est normale ou préoccupante.

Faut-il remplacer ses logiciels existants ?

Non. YAAPS se connecte à la GMAO, à l'ERP, au SCADA, au SIG ou à l'hyperviseur en place et leur renvoie le contexte géographique, les alertes et les zones à traiter. Les outils de l'exploitant restent le lieu de la décision.

Quelles données YAAPS peut-il intégrer ?

Capteurs IoT, séries satellitaires InSAR, images et nuages de points drone, LiDAR, positions GNSS et RTK, géolocalisation indoor, ainsi que les données des logiciels métier. Chaque donnée est rattachée à une position et à une date.

Où sont hébergées les données ?

Au choix de l'exploitant : en SaaS géré, sur un cloud souverain français ou sur ses propres serveurs, y compris sur un réseau isolé d'Internet. Les données restent exportables à tout moment, en formats ouverts.

Sources

optim.aize, filiale innovation du groupe jll.spear basée à Bordeaux, développe YAAPS, la plateforme souveraine et open source qui connecte, collecte, traite et contextualise les données des infrastructures critiques pour aider à la décision.

Contact

Voyons ce que vos données peuvent décider.

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